
Au bord des nénuphars la caresse du vent
Fait flotter la grand voile d’une robe de mousseline
Tu cueilles le nymphéa au cœur de tes deux mains
La fleur épanouie ruisselle sur ta peau
Le bruissement des herbes comme une soie qui glisse
La mélodie de l’eau baisers de la fontaine
Font une aubade belle à tes sens effleurés
Fondent et ensorcellent la fille abandonnée
Et c’est comme une ombrelle
La voûte des feuillages
La suspension du temps
Et c’est comme un dessert
Le gâteau de ta peau
Et ton corps qui se serre
Par Amélie
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Parfois j’aimerais être simple d’esprit. Je ne veux pas dire que je me considère comme une personne supérieurement intelligente, juste que je me pose trop de questions. Ma tendance à analyser,
tout analyser, suranalyser, me fatigue à un point…
Je me sens parfois esclave de mes humeurs. Un jour débordante d’énergie, d’optimisme, d’excitation, le lendemain totalement pessimiste. Tout est grave, triste, incertain.
Ce ne sont pas les événements de ma vie qui me conduisent à ces humeurs, mais bel et bien elles qui me gouvernent et éclairent ou obscurcissent les événements.
Je me demande quelquefois si je ne devrais pas voir un psy, je me dis que d’autres devraient en voir. On est peut-être tous un peu fous, plus ou moins.
Est-ce qu’on naît artiste ? Le poète naît-il poète, même le poète de merde ?
Suis-je artiste parce que je suis sensible, ou suis-je sensible parce que je suis artiste ?
Bénédiction ou malédiction ?
Par Amélie
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Vides le lit, le canapé, vides mes nuits
Vides mes yeux
Et tes bras ? sont-ils en creux de moi ?
Penses-tu à moi parfois le soir quand tu t’endors ? Quand tu vas faire couper tes cheveux chez le coiffeur ? Quand tu passes en voiture près de chez moi, des papillons se cognent-ils contre les
parois de ton estomac ?
C’est tes mains dans mes cheveux, ton souffle qui s’endort,
C’est ton sourire qui me taquine, tes yeux d’acier qui savent caresser,
C’est ton épaule refuge, ta bouche médicament
Reconnaître les chansons, faire durer les minutes…
Dire bonne nuit, soupirer… te respirer.
Le bouquet de feuilles mortes dans l’entrée,
Les sachets de thé,
les petits rien, et pourtant tout,
qui font les histoires,
qui font mes poèmes...
ne sont pas là.
Par Amélie
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Si vous avez des insomnies, vous pouvez m'aider à sélectionner les meilleurs textes du blog en m'indiquant vos préférés, celui/ceux qui devraient absolument figurer dans une version définitive
papier selon vous.
Je commence à imaginer clairement toutes ces chroniques en recueil, avec un concept original (teasing de malade!).
Si vous avez des contacts dans l'édition, c'est le moment de penser à moi d'ailleurs!
edit du 18/05/09: j'ai plein d'idées, les choses commencent à se profiler clairement dans ma tête, ce qui m'excite comme une puce quand j'y pense, mais euh... vous faites la grève des coms?
Z'avez pas envie de m'aider les lecteurs sagaces (c'est pas une insulte, hein, va voir dans le dictionnaire si tu m'crois pas)? Arf, c'est mal barré cette histoire de bouquin...
Par Amélie
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J'ai retrouvé dans un tiroir, mon premier vrai poème. Un jour, il y a longtemps, on a brisé ma porcelaine. j'ai mis de la colle sur les morceaux, mais des pièces ont dues être changées. Il
n'y avait plus de porcelaine, il a fallu trouver autre chose.
02/05/2000
Plus bas que les entrailles
De la terre et des eaux
Il t’entraîne et te raille
Au profond de tes os.
Les souvenirs te rongent
Etincelants de pleurs
Et t’enfoncent et dérangent
Tes certitudes. La peur
Impératrice de
Ton temps te tyrannise,
Hystérique blafarde,
Harpye de tes Venise.
Il tambourine les
Douleurs et désarçonne
Ton vain rêve de tulle,
L’étouffe, l’assassine.
...Le désamour.
Comme c'est étrange de constater qu'il y a donc 9 ans, presque jour pour jour, ma poésie, même si elle a sous certains aspects un peu évolué, était déjà installée, avec ses thèmes, ses
allitérations...
Par Amélie
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Mon corps abrite un trou noir
Qui m’aspire de l’intérieur
Je me sens vide
Inexistante
Poussière qu’on a balayée
Graine de rien abandonnée
Et ça me hante
Et je me noie
Je ne suis que quelques mots épars
Mon histoire a été pillée
Je n’ai même pas de vrai papier
On m’a laissée éparpillée
Je sens ma trachée écrasée
Dimanche y a pris résidence
Il a branché l’aspirateur
Pour me bouffer de l’intérieur
Ma tête est un évier vidé
Je sens tout mon sang la quitter
Ma tête est une pomme évidée
Croquée et ensuite recrachée
Je veux entendre mon corps sonner
Toi seul peux me réanimer
Par Amélie
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C’est l’histoire de celle qui baignait dans ses larmes.
Elle prenait au sens propre des bains de larmes, se lavait avec ses larmes. Sur les gants de toilettes, sur sa brosse à dents, elle versait des larmes.
Les jours de grands regrets, ça piquait beaucoup, à cause du sel. Mais elle plongeait quand même dans cette eau abrasive.
Elle était bien obligée, si elle ne s’y était baignée, elle serait morte toute desséchée.
Elle pleurait son passé, elle pleurait son présent, elle pleurait son avenir. Elle pleurait le vide alors elle remplissait sa baignoire.
Elle aimait le recyclage, la fille qui baignait dans ses larmes.
Un jour de grand froid, qu’elle préparait un bain chaud, elle eut un hoquet plus fort que les autres. Ce fut un grand, un immense, un hoquet de la taille du monde. Un hoquet qui aspirait tous les
affronts, tous les espoirs blessés, toutes les entailles à l’amour-propre.
Un hoquet trou noir.
Et elle but la tasse.
Par Amélie
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Je ne sais pas donner à moitié.
Les gens tièdes doivent être tranquilles. C’est calme, une vie sans passion, sans le doute qui dévore.
Qui dévore.
Feu volé, feu offert…
Pas crever, pas crever.
Mon cerveau se tord dans sa boîte crânienne pour former un point d’interrogation. Pas très confortables, les points d’interrogation.
En plus, ça pulse. Ça pulse. Ça pulse. Ça pulse. En plus, ça pulse.
Voudrait sortir de sa capsule, la ponctuation. Tout exploser en mille morceaux. On appelle ça perdre les os.
Et si ça arrivait ? Mon cerveau libéré de sa cage, devant moi, bondissant sur la table, s’ébattant, se trémoussant, appuyé sur son point d’interrogation. Me regardant, les yeux pendant au bout du
nerf optique. Un gros point d’interrogation rose, un malabar géant qui laisse des traces de sang sur la table du salon. Il bondit, il rebondit. Un peu, beaucoup, passionnément…
Le sournois, voilà qu’il fait des bulles. Une bande dessinée s’échappe de mon cerveau. Trois scénarios flottent autour du lobe occipital, fort difficile à situer sous cet angle.
Paf ! Clac ! Bing !
Elles éclatent.
C’est jamais ce que tu crois.
Par Amélie
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Ô la grande fleur écarlate
Qui écarte ses pétales
Offerte
Corolle ouverte
La rougissante
Fausse innocente
Son velours sous la peau
Affole les sens
Divine essence
Parfum de peau
Effluve impure de femme cabrée
C’est pour mieux t’avaler
Opulente floraison
Sublime exhalaison
Fuis… ou abandonne
Ô charnelle tubéreuse
Inquiétante capiteuse
Luxurieuse
Enjôleuse
Elle renverse la tête
C’est une odeur de bête
Elle entête
Elle entête
Ô suave orchidée
Viscérale
Et fatale
Connais-tu sa racine
Son calice préservé
Aux accents de bonbon
Exsude-t-il un poison
Est-elle donc vénéneuse
La vaniteuse
Mère de toutes les vanilles
Fille à la langue amère
Abandonne
Donne
Reçois le baiser
Du nuptial néroli
Fragile fleur animale
Saveur douce et sucrée
Fleur de lit
Fleur finale
Tenté coulé
Par Amélie
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Après
Le silence de l’oreiller
J’ai vu tes yeux
Les ai-je lu
Je ne suis pas sûre
Jamais
Jamais sûre
Ton souffle qui s’endort
Lui m’a-t-il entendue
Mon angoisse rime avec peureuse
Mon angoisse est une peau poreuse
Par Amélie
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