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  • : Les chroniques d'Amélie
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  • : AND NOW LADIES AND GENTLEMEN… Connaissez-vous ces séries télévisées dans lesquelles le personnage principal commente l’histoire en voix off ? Voilà ce que sont ces textes. Chroniques de la vie, parfois chroniques de ma vie. Essais d’art au sens propre, billets d’humeurs ou simples phrases griffonnées sans queue ni tête les unes à la suite des autres. Enjoy!
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Je fais passer

Mardi 21 juillet 2009

Facebook, fenêtre ouverte sur  vos proches, moins proches, ennemis jurés, et qui c’est celui-là déjà.

Facebook, vitrine de soi-même, de la pudeur? ah non on n’a plus de ça en stock, par contre il nous reste un peu de vérité améliorée si vous voulez.

Facebook, l’addiction. Pourquoi n’y a-t-il pas encore de bandeau préventif en tête de page ? « Passer trop de temps sur facebook peut nuire à votre vie sociale », « facebook peut rendre parano », etc.

C’est spyland. Ça part d’un bon sentiment : si je cherchais ce qu’est devenue la petite Micheline de 6ème A ? Si je donnais des nouvelles à mes cousins par l’intermédiaire de cette formidable plateforme de communication ? Si je mettais en ligne les photos du dernier bal masqué ?

 

-Chère cousine, impossible de me souvenir qui était Xéna la guerrière à cette soirée. Tu peux m’aiguiller ? Bisous.

- Salut cousin, c’est tonton Marcel déguisé en Viking. Ciao, bises ! PS : j’ai adoré ton costume de gladiateur, tu ne m’en veux pas d’avoir mis les photos en ligne et de t’avoir tagué, j’espère ;-)

 

Tagué. Ça signifie que tous vos contacts ont connaissance d’une photo que VOUS n’avez jamais décidé de mettre en ligne. Mais Benjamin, le mec de votre cousine, lui, trouve ça « trop kiffant ».

 

Si j’allais voir la page de mon chéri ? Mais c’est qui cette fille qui lui envoie plein de messages remplis de sous-entendus de la taille du Texas ? Taille proportionnellement inverse à son QI si l’on s’en tient à la teneur de ces messages, d’ailleurs.

Spyland, c’est bien ça, à devenir dingue. Cependant, dans la mesure où l’on a tout de même un certain contrôle sur les informations diffusées, et qu’à moins d’être un novice ou un mollusque bivalve, on a conscience de l’ampleur et de la nature de la dite diffusion, facebook, c’est quand même facilement aussi la surenchère de l’orgueil.

A coup de photos choisies pour être les plus avantageuses, de statuts prometteurs et autres « points cool », il s’agit de faire savoir au monde à quel point on est sympa, intéressant, marrant, toujours prêt à déconner, et au passage, parfaitement baisable.

Vérité améliorée, ou du moins vérité partielle, choisie pour définir un joli petit masque de pefection sociale.

 

De ce fait, facebook est aussi le royaume de la drague, où les pétasses sont reines et les connards des princes.

La p’tite Micheline est devenue drôlement canon, depuis la 6ème A, ça se voit bien sur la photo où elle prend une pose Mariah Careysque des plus naturelles, contre le mur en crépi du camping. Elle a dû avoir son bikini un jour de soldes où il ne restait plus que des tailles enfant, la pauvre, c’est la crise pour tout le monde, même pour Micheline. Ça se voit aussi vachement au nombre de commentaires de mecs sur son « wall », des mecs auxquels Micheline n’a jamais parlé dans la vraie vie, mais qui sur facebook sont ses meilleurs amis. En fait, facebook, c’est mieux que Meetic, car n’étant pas fait que pour trouver celle qui vous fera vos sandwichs aux rillettes le dimanche midi ou vous fera une autre spécialité le samedi soir, ça ne fait pas trop plateforme à baiser. Alors que dans les faits, ça peut vite le devenir.

 

Bref, une société parallèle, où toutes les dérives de la consommation sont poussées à l’extrême.

Mais quand même aussi, vachement marrante (ou trop lol)!

Par Amélie
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Jeudi 16 juillet 2009

Evanescente essence naissante

Latence

Lactescente excroissance

S’accroissant sans offense

 

La pente est douce

Jusqu’à ta source

Par Amélie
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Mercredi 15 juillet 2009

Non, pas le volet fendu qui découpe des zones d’ombre sur les corps nus d’une sieste estivale.

L’autre.

« Si tu touches à mon mec, c’est simple, j’te pète les dents ! »

Voilà, celle-là !

 

Ce n’est pas tant un manque de confiance ou de la possessivité. Non, on fait confiance à chéri, on n’est pas pendue non-stop à son bras en soirée, telle la moule à son rocher, c’est juste que la fille avec les gros seins qui rigole comme une truie là, « si tu touches à mon mec, c’est simple, j’te pète les dents ! »

Au fond, une question de confiance, oui, de confiance en soi. Parce qu’on voudrait que chéri nous rappelle que oui, il plaisante avec cette fille, mais que c’est nous la plus belle, la plus drôle et la plus intelligente, nous qu’il a choisie. Et parce que, putain de merde (la jalousie ça rend vulgaire, violente, rageuse), c’est MON MEC !! Tes parents t’ont mal élevée, catin, tu te crois tout permis ? « Si tu touches à mon mec, c’est simple, j’te pète les dents ! »


« Hi hi hi ! », « aaaahh ! », « oh oh ! »…
La nana qui marche sur mes plates-bandes s'exprime en voyelles. Mais elle ne les connaît pas encore toutes apparemment.

Ah oui, je sais : c’est pas beau d’être jalouse. Allez dire ça à une passionnée. Au feu les pompiers, y a mon sang qui brûle ! Palpitations, bouffées de chaleur, énervement… c’est de la jalousie ou la ménopause ?

Ça bouillonne à l’intérieur, mes yeux pourraient tuer. Mais, je suis bien élevée, je ne dis rien. On appelle ça ruminer (pourtant c’est pas moi la grosse vache qui mâche du chewing-gum la bouche ouverte – elle a de la classe cette nana c’est certain)…  N’empêche… « si tu touches à mon mec… »

Par Amélie
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Dimanche 5 juillet 2009













Au bord des nénuphars la caresse du vent

Fait flotter la grand voile d’une robe de mousseline

Tu cueilles le nymphéa au cœur de tes deux mains

La fleur épanouie ruisselle  sur ta peau

 

Le bruissement des herbes comme une soie qui glisse

La mélodie de l’eau baisers de la fontaine

Font une aubade belle à tes sens effleurés

Fondent et ensorcellent la fille abandonnée

 

Et c’est comme une ombrelle

La voûte des feuillages

La suspension du temps

 

Et c’est comme un dessert

Le gâteau de ta peau

Et ton corps qui se serre


Par Amélie
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Samedi 27 juin 2009
Parfois j’aimerais être simple d’esprit. Je ne veux pas dire que je me considère comme une personne supérieurement intelligente, juste que je me pose trop de questions. Ma tendance à analyser, tout analyser, suranalyser, me fatigue à un point…

Je me sens parfois esclave de mes humeurs. Un jour débordante d’énergie, d’optimisme, d’excitation, le lendemain totalement pessimiste. Tout est grave, triste, incertain. 
Ce ne sont pas les événements de ma vie qui me conduisent à ces humeurs, mais bel et bien elles qui me gouvernent et éclairent ou obscurcissent les événements.
Je me demande quelquefois si je ne devrais pas voir un psy, je me dis que d’autres devraient en voir. On est peut-être tous un peu fous, plus ou moins.


Est-ce qu’on naît artiste ? Le poète naît-il poète, même le poète de merde ?
Suis-je artiste parce que je suis sensible, ou suis-je sensible parce que je suis artiste ?

Bénédiction ou malédiction ?


Par Amélie
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Mardi 26 mai 2009
Vides le lit, le canapé, vides mes nuits
Vides mes yeux
Et tes bras ? sont-ils en creux de moi ?

Penses-tu à moi parfois le soir quand tu t’endors ? Quand tu vas faire couper tes cheveux chez le coiffeur ? Quand tu passes en voiture près de chez moi, des papillons se cognent-ils contre les parois de ton estomac ?

C’est tes mains dans mes cheveux, ton souffle qui s’endort,
C’est ton sourire qui me taquine, tes yeux d’acier qui savent caresser,
C’est ton épaule refuge, ta bouche médicament
Reconnaître les chansons, faire durer les minutes…
Dire bonne nuit, soupirer… te respirer.

Le bouquet de feuilles mortes dans l’entrée,
Les sachets de thé,

les petits rien, et pourtant tout,

qui font les histoires,

qui font mes poèmes...

ne sont pas là.

Par Amélie
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Vendredi 15 mai 2009

Si vous avez des insomnies, vous pouvez m'aider à sélectionner les meilleurs textes du blog en m'indiquant vos préférés, celui/ceux qui devraient absolument figurer dans une version définitive papier selon vous.

 

Je commence à imaginer clairement toutes ces chroniques en recueil, avec un concept original (teasing de malade!).

 

Si vous avez des contacts dans l'édition, c'est le moment de penser à moi d'ailleurs!

 

edit du 18/05/09: j'ai plein d'idées, les choses commencent à se profiler clairement dans ma tête, ce qui m'excite comme une puce quand j'y pense, mais euh... vous faites la grève des coms? Z'avez pas envie de m'aider les lecteurs sagaces (c'est pas une insulte, hein, va voir dans le dictionnaire si tu m'crois pas)? Arf, c'est mal barré cette histoire de bouquin...

Par Amélie
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Vendredi 1 mai 2009

J'ai retrouvé dans un tiroir, mon premier vrai poème. Un jour, il y a longtemps, on a brisé ma porcelaine. j'ai mis de la colle sur les morceaux, mais des pièces ont dues être changées. Il n'y avait plus de porcelaine, il a fallu trouver autre chose.

02/05/2000


Plus bas que les entrailles
De la terre et des eaux
Il t’entraîne et te raille
Au profond de tes os.

Les souvenirs te rongent
Etincelants de pleurs
Et t’enfoncent et dérangent
Tes certitudes. La peur
Impératrice de
Ton temps te tyrannise,
Hystérique blafarde,
Harpye de tes Venise.

Il tambourine les 
Douleurs et désarçonne
Ton vain rêve de tulle,
L’étouffe, l’assassine.

 

...Le désamour.

 

Comme c'est étrange de constater qu'il y a donc 9 ans, presque jour pour jour, ma poésie, même si elle a sous certains aspects un peu évolué, était déjà installée, avec ses thèmes, ses allitérations...


Par Amélie
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Vendredi 1 mai 2009
Mon corps abrite un trou noir
Qui m’aspire de l’intérieur
Je me sens vide
Inexistante

Poussière qu’on a balayée
Graine de rien abandonnée

Et ça me hante
Et je me noie

Je ne suis que quelques mots épars
Mon histoire a été pillée
Je n’ai même pas de vrai papier
On m’a laissée éparpillée

Je sens ma trachée écrasée
Dimanche y a pris résidence
Il a branché l’aspirateur
Pour me bouffer de l’intérieur

Ma tête est un évier vidé
Je sens tout mon sang la quitter
Ma tête est une pomme évidée
Croquée et ensuite recrachée

Je veux entendre mon corps sonner
Toi seul peux me réanimer

Par Amélie
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Jeudi 30 avril 2009
C’est l’histoire de celle qui baignait dans ses larmes.
Elle prenait au sens propre des bains de larmes, se lavait avec ses larmes. Sur les gants de toilettes, sur sa brosse à dents, elle versait des larmes.
Les jours de grands regrets, ça piquait beaucoup, à cause du sel. Mais elle plongeait quand même dans cette eau abrasive.
Elle était bien obligée, si elle ne s’y était baignée, elle serait morte toute desséchée.
Elle pleurait son passé, elle pleurait son présent, elle pleurait son avenir. Elle pleurait le vide alors elle remplissait sa baignoire.
Elle aimait le recyclage, la fille qui baignait dans ses larmes.
Un jour de grand froid, qu’elle préparait un bain chaud, elle eut un hoquet plus fort que les autres. Ce fut un grand, un immense, un hoquet de la taille du monde. Un hoquet qui aspirait tous les affronts, tous les espoirs blessés, toutes les entailles à l’amour-propre.
Un hoquet trou noir.
Et elle but la tasse.

Par Amélie
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