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  • : Les chroniques d'Amélie
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  • : AND NOW LADIES AND GENTLEMEN… Connaissez-vous ces séries télévisées dans lesquelles le personnage principal commente l’histoire en voix off ? Voilà ce que sont ces textes. Chroniques de la vie, parfois chroniques de ma vie. Essais d’art au sens propre, billets d’humeurs ou simples phrases griffonnées sans queue ni tête les unes à la suite des autres. Enjoy!
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Je fais passer

Jeudi 4 octobre 2007

Générique de début

Le téléphone a sonné. Ils ont rendez-vous dans une demi-heure. Vite, elle file devant son miroir pour se faire une beauté. On ne sait jamais.

Musique : I’m every woman.

 

Première séquence

Elle arrive en retard devant le café et pianote sur son portable pour se donner une contenance. Il arrive derrière elle, lui pose la main sur l’épaule pour qu’elle se retourne. Gros plan sur leurs peaux qui se touchent en se disant bonjour. Galant, il lui ouvre la porte. Plan rapproché sur le visage troublé de la fille.

 

Deuxième séquence

Assis l’un en face de l’autre dans le café. Ils sourient, rient, se regardent dans les yeux…

Musique: too lost in you, Sugababes.

 

Troisième séquence

A présent ils marchent côte à côte dans la rue. Il l’emmène à la grille d’un château napoléonien qu’elle voulait voir. Ils se quittent le sourire aux lèvres.

 

Quatrième séquence

On découvre qu’elle est prof. On la voit devant sa classe, assise songeuse à son bureau pendant que ses élèves travaillent.

Musique : la BO du film l’étudiante.

 

Cinquième séquence

Deuxième rendez-vous. Ils sont assis à la même table dans le même café. Les yeux brillent, les confidences deviennent intimes. Une lumière chaude auréole le couple de personnages.

Musique : Fever

 

Sixième séquence

Seule chez elle, elle ne sait pas quoi penser. Elle est troublée par ce qu’elle vit et en même temps angoissée de ne pas savoir si c’est partagé. Gros plan sur l’écran de son téléphone portable, on lit le message qu’elle est en train de composer.

Musique : Don’t speak, No Doubt.

 

 

Comédie romantique ou comédie dramatique ?

 

On vit des films, les scénarios se succèdent. Ils nous font peur, nous font rire ou nous font pleurer.

 

Souvent dans les films que l’on vit, les acteurs se mettent tous seuls en scène.

 

Le problème c’est quand on est arrivé là par hasard. On est entré dans le cinéma comme ça et on a choisi la première séance qui débutait. On sait pas ce qu’on est en train de regarder. On sait même pas si on regarde le même film que la personne qui nous accompagne.

 

Les films que l’on vit, on ne peut pas en lire la critique avant, même les avis des spectateurs sont partagés.

Les films que l’on vit, même s’ils ne nous plaisent pas, on est obligé de rester pour en connaître la fin.


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Par Amélie
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Jeudi 4 octobre 2007

Rentrer chez soi, et n’avoir pour seul compagnon que la télévision. Pour seul confident que son verre à dent.

 

Personne. Personne à qui parler, personne à écouter, personne à engueuler, à embrasser.

 

Tout faire briller sans personne pour admirer. Préparer un plat raffiné pour un tête à tête… avec soi-même.

 

Et surtout le silence. Un silence assourdissant. Un tintamarre de rien.

 

 

Faire une liste.

 

A quoi rêvent les vieilles filles ?

 

 

Un tapis moelleux à poils longs.

 

Une couverture douillette et bien chaude.

 

Un vrai chocolat chaud, fumant.

 

Avec de la chantilly, le chocolat.

 

Et un biscuit craquant à la cannelle.

 

Un chat qui miaule et qui ronronne.

 

Mais qui ne griffe pas le beau tapis.

 

Des amis fidèles et loyaux.

 

Un amant fidèle et gourmand.

 

Un bon foie gras et un verre de vin blanc après l’amour.

 

Et encore après, toujours l’amour.

 

 

 

Mais la peur, les conventions et le confort sont ses ennemis, à cette brave fille.

 

Ou comment une vieille fille reste une jeune fille.

Par Amélie
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Jeudi 4 octobre 2007

Avez-vous déjà rencontré de ces individus ? Ils évoluent surtout dans les milieux littéraires, mais pas uniquement. Toute personne qui a un avis sur tout, aime s’écouter parler et briller en société est susceptible d’être un snob de la lecture.

« Marc Lévy, moi jamais ! » et « Le Da Vinci Code, j’aurais pu l’écrire moi-même ! » sont leurs phrases de prédilection.

 

Il n’en faut pas plus pour me faire bouillir, attention, je peux devenir agressive.

 

Les snobs de la lecture crachent sur le best-seller qui plaît au plus grand nombre. Parce qu’il est accessible, attendu. Oui, et alors ? Est-il moins agréable à lire ?

 

Qu’est-ce qu’un bon livre ? Un style ciselé ? Pour moi, un livre, c’est avant tout une histoire. Elle me plaît ou elle ne me plaît pas. Si l’écriture est travaillée, tant mieux, mais attention à l’exercice de style au détriment du fond, qui peut rapidement devenir un puissant somnifère.

 

Un livre n’est pas toujours un objet d’art. Oui, il peut aussi être un objet de consommation. Qu’y a-t-il de choquant ? Désolée mais je ne vis pas dans un monde éthéré. J’adore le foie gras, mais j’aime aussi les dragibus. Le tout est de savoir si l’on veut un menu gourmet ou un menu gourmand. La démarche n’est pas la même, la qualité non plus, mais le plaisir est fonction du désir. Je peux décider d’aller voir un film d’auteur et apprécier les cadrages, la lumière, les dialogues. Je peux aussi avoir envie d’un bon divertissement et me laisser embarquer pour une histoire, même invraisemblable.

 

Le fait est que je suis bon public. J’accepte ce qu’on me donne, sans me poser de questions. Je ne dis pas non plus que j’aime tout, mais je trouve que les snobs de la lecture sont des gens blasés, et c’est triste. Un livre, c’est un voyage. On trouve le paysage plus ou moins beau. Si ça ne plaît pas, on est libre de faire demi-tour.

 

Libre. C’est là le secret. Avez-vous remarqué comme les mots « libre » et « livre » sont proches ? Je n’aime pas qu’on me dicte mes choix, je déteste qu’on les dénigre.

 

J’ai lu récemment Soie d’Alessandro Baricco : c’est condensé, délicat et brillant. Une perle de culture.

 

Jetez-moi vos pavés à la figure, mais je n’éprouverai jamais autant de plaisir à lire qu’avec mon cher Harry Potter. J.K. Rowling construit vraiment un univers magique : tout est pensé, tout est décrit, c’est foisonnant et merveilleux. Dire que je suis transportée, c’est un euphémisme. Quand je lis Harry Potter j’oublie les pages devant mes yeux. Il n’y a plus d’objet matériel. Je suis à Poudlard avec les personnages, je ris, j’ai peur, je pleure avec eux.

 

On me demandait dernièrement quel livre avait changé ma vie. Je ne savais pas trop quoi répondre. Changer une vie, c’est fort quand même. En y pensant à nouveau, je répondrais Harry Potter. Parce que je l’aime, vraiment. Parce que ça dépasse le moment même de la lecture.

 

Et je dis merde aux snobs de la lecture. Suis-je une littéraire indigne ? Est-ce une honte de me confier l’éducation littéraire de vos enfants ?

 

Les livres, comme les gens, ne sont pas uniformes.

Par Amélie
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Jeudi 4 octobre 2007

J’aime les adjectifs. Quand j’écris, j’en use et j’en abuse. Par groupe de deux, mariés autour de leur alliance. Par trois ou quatre, à la queue-leu-leu. Encadrant le nom ou rejeté en fin de phrase, comme une perle qui finit un collier.

 

Qualificatif, il construit un monde avec ses détails.

Relationnel, il restreint le champ des possibles et identifie l’astre solaire, la lumière lunaire, le compte bancaire. L’adjectif n’est pas toujours glamour. Mais bien pratique.

 

Epithète ou attribut, avec tête ou avec être.

 

« Il qualifie le nom », soit. Comme si l’adjectif n’était qu’un bonus, un cadeau de Bonux, un surnuméraire. Et si le nom n’était qu’un écrin ? « Elle lui lança une œillade victorieuse, rieuse. »

 

Adjectifs en boulimie. Méli-mélo d’adjectifs. Mais que serait le monde sans adjectifs ? Que serait mon monde ?

 

Un jour, je vous parlerai des compléments du nom.

Par Amélie
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Mercredi 3 octobre 2007

Ecoute, plus rien autour de nous n’existe que le silence,

Le monde soudain s’est arrêté de tourner…

Autour de la bulle où l’on se balance,

Cette seconde figée est brève comme l’éternité.

 

Regarde, tout s’est effacé à part toi et moi.

Il n’y a plus que tes yeux dans les miens,

Tes yeux qui pincent mon cœur, et ta voix

Qui me caresse et m’attache, lien aérien…

 

Respire, respire le parfum des beaux jours :

L’ambre et l’encens nous embaument.

Sens-tu le parfum de l’amour

Qui guérit les coups mieux qu’un baume ?

 

Sens tes pieds quitter cette terre :

Nos âmes se mêlent en apesanteur.

Sens mon corps plus fragile que le verre

Plier sous tes doigts de dompteur…

 

Goûte enfin cet instant sans retour.

Il n’appartient qu’à nous, il n’est fait que de nous.

Ton sang n’a fait qu’un tour,

Et mes cheveux défaits reposent sur ton cou.

Par Amélie
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Mercredi 3 octobre 2007

Silence…

 

Entendez-vous ?

 

Entendez-vous le rien du tout ?

 

Délicieux paradoxe, n’est-ce pas ?

 

On l’aime ce silence d’après la cohue, d’après la chaleur. On l’aime ce silence des retrouvailles avec soi. C’est le silence salutaire, le remède aux ébullitions de toutes sortes. Chut ! Je me recentre…

 

C’est le silence de l’apaisement, quand le corps est lourd et les pensées légères. C’est le silence de l’endormissement.

 

Entendez-vous ? Entendez-vous le froissement des draps sous le mouvement de votre bras ? Le frémissement de votre lèvre sous votre souffle ? Le battement de votre cœur qui ralentit ? Entendez-vous la nuit qui vous enveloppe et vous berce dans sa torpeur ?

 

Le vrai silence, celui-là fait mal aux oreilles et mal au cœur. C’est celui du néant, quand plus rien n’existe. Rien. Rien d’autre que le silence, le vide, le zéro.

 

Mais dans les autres silences, il y a toujours quelque chose. Et des silences, il y en a de nombreux. Ils rythment nos vies et veillent sur nous. Gardiens de la lucidité dans un monde de trop de paroles.

 

Il y a les silences gênants. Ceux qui pèsent si lourd quand on voudrait n’être qu’une plume.

 

Il y a les silences impatients, qui attendent une réponse, silences d’espoir et d’angoisse, silences avant que tout ne bascule.

 

Il y a des silences trop longs, que l’on voudrait briser, et des silences trop courts qu’on voudrait faire durer.

 

Il est des silences éloquents. Des silences qui disent je t’aime ou je te veux, qui disent je suis bien. Il est des silences à lire dans les yeux.

 

Silence…

 

Instant fugace et précieux, qui n’a de valeur que s’il est suivi de quelque chose : une musique, un mot, un battement de cil qui perce la bulle…

 

Entendez-vous ?

 

Qu’attendez-vous ?

Par Amélie
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Mercredi 3 octobre 2007

Ma serviette en bambou est douce

Comme tes caresses que je ne sens pas

 

Ma serviette en bambou est rouge

Comme les murs de mon cœur

 

Ma serviette en bambou m’enveloppe

Comme tes bras qui ne sont pas là

 

Ma serviette en bambou est chaude

Comme un corps embrasé

 

Ma serviette en bambou est longue

Comme l’attente qui berce mon ennui

 

Ma serviette en bambou est neuve

Comme toi et moi

 

Ma serviette en bambou est fragile

Comme toi et moi

 

Ma serviette en bambou s’effiloche

Comme…

 

 

 

Je la range dans un coin,

En attendant.

Par Amélie
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Mercredi 3 octobre 2007

Enfer et Dame Nation.

 

Si tu savais, Victor, si tu savais,

Napoléon le petit

A fait des petits !

 

J’ai mal à la France,

Victor, si tu savais !

 

Et en attendant les châtiments,

Je me réfugie dans la contemplation…

Par Amélie
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Mercredi 3 octobre 2007

Orage, ô désespoir !

 

Quand le ciel s’assombrit

Mon esprit tourne au gris

Et la pluie sur ma fenêtre

Transperce mon être

Millimètre par millimètre

 

Le vent qui fait plier cet arbrisseau

Transporte des doutes en crescendo

Et les questions comme un étau

Enserrent et pèsent comme un fardeau

 

Mais d’où vient-il ce vent maudit ?

De quelle contrée, de quel pays ?

 

Il naît sur de lointaines terres,

Des landes embrumées de mystères

Où il fait froid, où il fait triste.

Il traque l’ennui, le cherche, le piste

Pour y semer des graines amères.

 

Des graines qui poussent dans ton cerveau

Des graines qui germent sous ta peau

Qui se nourrissent d’obscurité

De toutes tes plus sombres pensées

 

Des graines de peur, de désespoir,

Symbiotes horribles, parasites noirs

Des graines du pays des larmes

Bercées par un vent mangeur d’âmes.

Méfiez-vous de cet infâme !

 

Alors quand le ciel s’assombrit

Quand les nuages amènent la nuit,

Fermez bien toutes vos fenêtres

Chassez les doutes de vos têtes

 

Regardez donc passer l’orage

Il ne posera pas ses bagages

Si vous retenez cet adage :

« Après la pluie vient le beau temps.»

Soyez sereins, soyez confiants,

Il faut juste être un peu patient.

 

Orage, eau des espoirs…

Par Amélie
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Mercredi 3 octobre 2007

Le vent siffle. Le vent piquant et chaud du désert. Soudain des notes de piano s’envolent avec lui. Agiles, véloces et maîtrisées, elles s’élancent vers un ciel bleu à brûler les yeux. J’imagine un clavier désarticulé, en arabesque. Et moi, je saute d’une note à l’autre, sur un arc-en-ciel de musique qui me transporte dans les profondeurs de l’infiniment haut, de l’infiniment loin, jusqu’à lui.

 

Le rythme ralentit, il se calque sur les battements de mon cœur. Une voix sensuelle murmure une histoire d’amour elizabethaine. C’est comme un soupir d’amour qui parcourt tout mon corps et l’électrise le temps d’un souffle. Notes puissantes, notes de passion. Eros et Thanatos dans le château de Laze. Ça s’accélère comme un destin qui touche à sa fin.

 

Blues des sentiments et beauté du chant de désespoir : « vous moquerez-vous toujours de mon pauvre amour ? »

 

Derrière mon clavier, je fais ma Marylou et il crie mon nom d’une voix plus cristalline et plus affûtée que jamais. Il chante l’amour électronique, histoire de cœur, histoire de corps.

 

Pourtant, « il y a des mots qu’on peut penser, mais à ne pas dire en société ». Heureusement, lui, il se fout de la société. Voix douce et sucrée pour chanter le miel d’une soirée.

 

Puis, c’est l’émotion crescendo, le piano se déchaîne jusqu’au bouquet final. Explosion de notes. Battements de cœur et de musique, plus forts, plus intenses, jusqu’à l’apaisement sur un « Love me » de circonstance.

 

Et, le désert referme la parenthèse : le vent qui s’était assagi reprend ses droits et remporte le tourbillon.

 

Etait-ce un mirage ?



Découvrez Michel Polnareff!
Par Amélie
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La musique d'Amélie

   

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