Dimanche 7 septembre 2008
Pascal avait raison. Le philosophe, pas le primeur du
centre-ville. L’homme se divertit pour oublier sa condition misérable.
Se divertir. Etymologiquement, « se détourner de quelque chose».
Se divertir, c’est donc occuper son esprit pour éviter de penser. Penser au sens philosophique du terme évidemment. A moins d’être une
poule ou une bimbo de la télé-réalité, l’on pense toujours à quelque chose. Penser au sens de réfléchir, se penser soi-même, penser le monde, intellectualiser les choses, les événements.
Manque de bol, intellectualiser c’est ma spécialité, mon fardeau devrais-je dire. Chercher le pourquoi, le vers quoi… Vouloir analyser
pour mieux comprendre, vouloir savoir tout simplement. L’ignorance parait tellement inconfortable.
Oui mais voilà, à trop penser, on en vient à des conclusions peu reluisantes, parfois suffocantes. Qu’on est des poussières dans un
univers qui s’en fout bien de nos gueules. Qu’on est fondamentalement seuls. Que peut-être qu’après tout, l’être humain est trop intelligent pour parvenir à vivre avec ses émotions. Ou pas assez.
Et on se retrouve pris à la gorge par notre condition humaine. Bon, ça c’est les mauvais jours (on serait pas dimanche par hasard ?).
Donc, l’homme cherche fiévreusement le divertissement pour panser sa tendance à trop penser. Il faut que ça bouge, il faut s’occuper.
L’activité comme remède au malaise existentiel. Parce que se retrouver sans rien faire, c’est être face à soi-même, face à ce qu’on est pour les autres, à ce qu’ils sont pour nous. L’illusion
d’une vie bien remplie vaut-elle mieux que le gouffre d’insignifiance dans lequel on s’abîme en réalité ? C’est sûrement meilleur pour la santé.
Alors, je m’occupe, je m’agite, je m’active, je me détourne des vraies questions, je me divertis.
Pascal considérait que toute activité propre à occuper les hommes constitue un divertissement, même la guerre.
Cela donne à penser…
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