De retour de concert, pas encore remise de l’excitation et de cette sensation de communion entre l’artiste et son public, que l’on ne
trouve que chez les très grands. Ceux qui font de l’art, pas du fric.
De retour d’un de ces moments hors du temps donc, me voilà de nouveau à penser la musique et ce qu’elle représente pour moi.
Plus j’y pense et plus j’en viens à la conclusion que la musique est le langage suprême. Cette communion, cet état de conscience du monde, comme si soudain on comprenait, cette résonance, font
d’elles l’aboutissement du langage. Je veux dire par là, qu’elle exprime sans les mots : c’est un langage affranchi de leur poids, des contingences, des limites.
La musique est résonance. Dans ma gorge, dans mes oreilles, mon corps et mes pensées, mon âme si elle existe. En cela elle est profondément humaine.
On touche là à l’essence de la vie, à ce qui fait de nous des hommes et des femmes, à la pulsation, le battement du cœur, le sang qui bat les tempes, la pulsion, la sueur de la transe. Forcément,
elle ne peut pas être qu’un objet culturel. Elle est primitive, tribale, et en même temps sublimement élaborée. La grâce éternelle et universelle qui tire des larmes, qui déchire le ventre, qui
nous parle à sa façon divine.
Ce n’est pas un hasard si pour mettre un mot sur ce phénomène, l’homme lui a donné le nom de « musique », qui partage sa racine avec les « muses », une racine ancestrale qui
signifie : « penser, s’exalter, désirer ».
Tout est dit.
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